Comparatif
Rendeau ou le module inclus dans le logiciel de facturation
Si votre service facture l’eau avec un logiciel dédié, il dispose peut être déjà d’un onglet de suivi des volumes et d’une édition de rapport. La tentation est légitime : une donnée saisie une fois, un fournisseur, une facture. Avant de trancher, il faut regarder de quelles données ce module dispose réellement, car la facturation connaît parfaitement l’aval du compteur d’abonné et très mal l’amont du réseau.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Rendeau | le module de suivi inclus dans le logiciel de facturation de l’eau |
|---|---|---|
| Volume comptabilisé aux abonnés | Importé du fichier de facturation, avec sa période de relevé | Natif, c’est le cœur du logiciel et sa donnée la plus fiable |
| Volume produit au captage | Saisi ou importé chaque mois depuis le totalisateur ou la télégestion | Rarement présent, la facturation ne remonte pas jusqu’au pompage |
| Achats et ventes en gros | Postes distincts, rattachés à leur convention et à leur relevé | Traités comme des abonnés particuliers quand ils le sont |
| Volumes de service | Registre des purges, lavages et essais de poteaux d’incendie | Non facturés, donc généralement absents du suivi |
| Bouclage du bilan des volumes | Contrôlé à chaque saisie, écart bloquant tant qu’il n’est pas justifié | Impossible sans le volume produit et les volumes de service |
| Alerte sur écart mensuel | Courriel au dépassement du seuil, point de comptage isolé | Alertes centrées sur la consommation d’un abonné, pas sur le réseau |
| Test du seuil du décret de 2012 | Indice linéaire de consommation, seuil déduit, majoration chiffrée | Hors périmètre dans la plupart des modules |
| Grille P103.2 en questionnaire | Barème de 120 points, points acquis et points atteignables | Absente, la connaissance patrimoniale n’est pas un sujet de facturation |
| Ce que nous ne faisons pas | Ni facturation, ni gestion des abonnés, ni rôles, ni recouvrement | C’est précisément son métier, et il le fait mieux que quiconque |
| Coexistence | Import du fichier de facturation, aucune double saisie des consommations | Reste la source des volumes comptabilisés et des tarifs |
Un module de facturation voit l’aval, pas l’amont
Un logiciel de facturation connaît chaque abonné, chaque compteur, chaque index relevé et chaque tarif appliqué. C’est la meilleure source possible pour le volume comptabilisé, et nous ne cherchons pas à la dupliquer : nous l’importons. En revanche, il ignore presque toujours le totalisateur du local de pompage, les compteurs de sectorisation, les volumes achetés au syndicat voisin et les purges de conduite, parce que rien de tout cela ne donne lieu à une facture d’abonné.
Or le bilan des volumes est exactement l’écart entre ce que le réseau reçoit et ce que les abonnés consomment. Sans le volume produit, sans les achats et ventes en gros et sans les volumes de service, ce bilan ne peut pas boucler, et le rendement ne peut pas être calculé selon la définition réglementaire. Un module qui affiche une somme de consommations facturées affiche une information utile, mais ce n’est pas un bilan des volumes.
Les indicateurs réglementaires ne sont pas des sous produits de la facturation
Le rendement, l’indice linéaire de pertes et l’indice de connaissance patrimoniale se calculent sur des grandeurs de réseau : linéaire hors branchements, densité linéaire d’abonnés, inventaire des tronçons avec diamètre, matériau et année de pose. Ces données ne vivent pas dans un fichier d’abonnés. Elles vivent dans un plan de recolement et dans la tête des agents, et il faut un endroit pour les inscrire, les faire évoluer et les rattacher aux volumes de l’exercice.
Le test du seuil réglementaire illustre bien la limite. Il suppose de poser l’indice linéaire de consommation, d’en déduire un rendement seuil, de savoir si le prélèvement se situe en zone de répartition des eaux, puis de chiffrer la majoration de redevance encourue sur l’assiette déclarée. C’est une chaîne de calcul réglementaire, avec sa note de calcul et ses valeurs sources, pas une extraction de base de données facturières que l’on met en forme.
Coexister plutôt que remplacer
La bonne configuration, dans les services que nous suivons, garde chaque outil à sa place. Le logiciel de facturation reste maître des abonnés, des index, des tarifs et des rôles. Son fichier de consommations est importé une fois par période et devient un poste du bilan des volumes, avec sa date de relevé et sa période de couverture. Aucune consommation n’est saisie deux fois, et le prix du mètre cube servant à la facture type provient de la même source que vos factures.
Ce partage évite surtout un piège fréquent : reporter dans le rapport un volume facturé au lieu d’un volume comptabilisé. Le premier dépend des dates de facturation et des régularisations, le second est une grandeur physique attachée à une période. Confondre les deux fait bouger le rendement de plusieurs points sans qu’aucun mètre cube n’ait changé de chemin, et c’est l’une des erreurs de périmètre les plus difficiles à repérer après coup.
Quand l’alternative reste le bon choix
Si votre module de facturation édite déjà le rapport sur le prix et la qualité du service, si votre rendement se tient au dessus du seuil et si vous n’avez pas de besoin de détection en cours d’exercice, ajouter un second abonnement se défend mal. C’est également vrai pour un service qui délègue son exploitation : le rapport du délégataire couvre alors une bonne part du sujet. Regardez d’abord si votre module dispose du volume produit. Sans lui, la question est tranchée.
Le verdict
Les deux outils ne regardent pas le même côté du compteur. Le logiciel de facturation est irremplaçable en aval, sur les abonnés et les tarifs, et nous importons son fichier plutôt que de le concurrencer. Le bilan des volumes, les indicateurs de l’arrêté du 2 mai 2007 et le test du seuil demandent l’amont du réseau, que la facturation ne voit pas. Faire coexister les deux coûte moins cher que de forcer l’un à faire le travail de l’autre.
Questions frequentes
- Faut il ressaisir les consommations des abonnés ?
- Non. Le fichier de facturation est importé et devient le poste des volumes comptabilisés du bilan, avec sa période de relevé. La seule saisie que nous demandons vraiment est celle du totalisateur de production, parce qu’il n’existe rien avant lui dans la chaîne.
- Notre module édite déjà un rapport, faut il tout refaire ?
- Pas nécessairement. Comparez d’abord le contenu : indicateurs calculés avec leur note de calcul, test du seuil réglementaire, grille de connaissance patrimoniale, graphiques pluriannuels, projet de délibération et fichier pour l’observatoire. Ce que votre module couvre déjà, gardez le. La question se réduit ensuite à ce qui manque.
- Gérez vous les abonnés et les rôles de facturation ?
- Non, et ce n’est pas prévu. Rendeau tient la comptabilité des volumes du service, calcule les indicateurs réglementaires et édite les pièces à produire à date. La facturation, le fichier des abonnés et le recouvrement restent chez votre logiciel métier, qui fait cela beaucoup mieux que nous.
Rendeau ou le module inclus dans le logiciel de facturation
Les deux outils ne regardent pas le même côté du compteur. Le logiciel de facturation est irremplaçable en aval, sur les abonnés et les tarifs, et nous importons son fichier plutôt que de le concurrencer. Le bilan des volumes, les indicateurs de l’arrêté du 2 mai 2007 et le test du seuil demandent l’amont du réseau, que la facturation ne voit pas. Faire coexister les deux coûte moins cher que de forcer l’un à faire le travail de l’autre.